Claude Ptolémée a t’il réellement existé ?

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Claude Ptolémée Astronome et voyageur Temporel :

Claude Ptolémée voyageur Temporel

Sur l’image ci-dessus, on voit un portrait de Claude Ptolémée habillé à la mode de la Renaissance bien qu’il aurait vécut au IIe siècle. Ceci est déjà la démonstration claire que la création de ce personnage date du XVe siècle.

Voilà un personnage célèbre dont les Astronomes ne cessent de citer son nom mais on ne sait pratiquement rien sur sa vie. Dans cette enquête, nous ne parlerons pas d’astrologie mais principalement d’astronomie et on découvrira que ce personnage créé de toutes pièces n’a jamais rien écrit dans ces deux domaines mais par contre beaucoup d’auteurs lui ont attribué un savoir astronomique.

En Astronomie, on le connaît grâce à un livre intitulé l' »Almageste » mais est-ce lui qu’il l’a écrit ?

Sur Wikipédia et ailleurs, section Astronomie on lui attribue entre autre d’avoir répertorié 48 constellations antiques mais nous allons voir que nous sommes loin du compte.

A la Renaissance, les premiers ouvrages astronomiques publiés par l’imprimerie de Gutenberg traitant d’Astronomie abordaient avant tout de phénomènes comme les éclipses et de la mécanique.  Rares voir inexistants furent les astronomes avant le siècle de Léonard de Vinci qui se sont illustrés dans l’imagerie des constellations.

Constellation Cepheus Aratea de Leyde

Sur l’image ci-dessus on peut voir la Constellation Cepheus ( habillé à la Mode du Moyen Age ), ce personnage dans cette posture est tiré d’un catalogue que l’on date des environs de l’An Mille. Ce catalogue manuscrit en couleurs nommé Aratea de Leyde d’où est tiré cette image nous montre les personnages figurant sur l’Atlas de Farnese et qui furent transposés sur parchemins presque tels quels. Certains se plaignent de la perte de quelques pages de constellations manquantes dans ce catalogue mais il s’agit là d’anachronisme car l’Aratea de Leyde ne reprenait que les constellations visibles sur le globe porté par Atlas et qui date du IIe siècle.

Atlas de Farnese

Voici ce globe étalé de manière plane afin que vous puissiez voir tous les personnages sculptés dessus avec à votre gauche en haut la Constellation Cepheus la tête à l’envers et les bras en croix. Il est à noté que le Cepheus sculpté y est habillé à la mode sous l’Empire Romain contrairement au style vestimentaire du Cepheus en couleurs de l’Aratea de Leyde :

Atlas Farnese color

Sur cet Atlas de Farnese, on ne peut pas observer la présence de constellations importantes comme par exemple des Ursa Major et Minor ni Piscis Austrinus ( Poisson Austral ), Sagitta ( Flêche ), Triangulum ( Triangle ), Equueleus ( Petit Cheval ) et Canis Minor ( Petit Chien ) pourtant présentes dans les catalogues stellaires à la fin de la Renaissance, notamment dans l' »Uranometria » de Johann Bayer, publié en 1603.

Ci-dessous la même image mais avec l’indication du nom de chaque constellation et à vue d’oeil on constate que la Grande Ourse et sa longue queue n’est visible nulle part sur ce globe ( cliquez droit pour agrandir l’image ) :

Farneseatlas

Il y a seulement 41 constellations clairement identifiées jusqu’à la constellation Eridanus ( le Fleuve ) dans lequel nagent les constellations Cetus ( la Baleine ) et Pisces ( les Poissons ), cette eau symbolisée par une sorte de ruban coule du vase de Aquarius ( le Verseau ).

Avant l’imprimerie de Gutenberg, c’est à dire avant que les premiers livres ou catalogues comme nous les connaissons ( avec chapitres, ponctuations et interlignes ) voient le jour le Savoir était écrit sous forme manuscrite sans chapitres, sans ponctuations et sans interlignes à la fois par mesure d’économie car les supports tels que les parchemins étaient rares et donc onéreux et à la fois parce qu’on était encore loin de la mise en page actuelle. Au IIe siècle, ces parchemins existaient sous forme de rouleaux.  Mais avant le XIVe siècle, les  manuscrits étaient rares et traitaient avant tout de religion. A partir du XIVe siècle un papier produit à base de vieux tissus bouillis et pressés nommé « papier chiffon » commence à circuler pour être remplacé deux siècles plus tard par le papier que nous connaissons et qui servira aux livres imprimés grâce à l’invention de Gutenberg.

Si des écrits de Claude Ptolémée nous sont parvenus par le biais d’autres auteurs à partir de l’An Mille, ils étaient sous forme de rouleaux de parchemins ou plus rarement des rouleaux de papyrus mais en aucun cas sous forme de livre avec reliure.

Ci-dessous, on peut lire un extrait concernant la manière dont les Historiens ont pu rassembler les soi-disant écrits de l’Astronome grec, on notera qu’au début du 19e siècle dont cet extrait date, on ne faisait pas encore la distinction entre un rouleau de parchemin et un livre, tous deux étaient nommés livre.

manuscrit ptolémée extrait

Les astronomes occidentaux de la Renaissance dont un grand nombre fût des germanophones se sont évertués à mettre de l’ordre dans le fouillis astronomique qui leur parvint souvent avec une partie manquante ou effacée par usure, tel un puzzle à reconstituer. Il semble que la Souda soit majoritairement la seule source à partir de laquelle, tant d’auteurs se sont inspirés.

Nombreux furent les doxographes à travers l’Histoire qui n’hésitèrent pas à attribuer des actes et des mots à des personnages dont ils ne savaient pas à l’époque, qu’ils n’avaient jamais existé comme on suppose que Homère n’a pas réellement existé mais pourtant on lui attribue des ouvrages fameux.

Avant Gutenberg, il était difficile de vérifier l’exactitude d’une information si celle-ci était manuscrite sur un parchemin, c’est seulement à partir de l’invention de l’imprimerie qu’apparaîtront les colophons identifiant l’auteur d’un ouvrage et ce qui est sûr c’est qu’aucune bibliothèque dans le Monde ne possède une version originale d’un exemplaire de l’Almageste portant le colophon de Claude Ptolémée et qui daterait du IIe siècle.

En attendant que l’on retrouve un tel ouvrage, tout ce qui se rapporte à Claude Ptolémée doit être rédigé au conditionnel, ce que Wikipédia ne s’impose pas quand on lit la page de en version Française ou Anglaise consacrée à Ursa Major.

« La Grande Ourse est la troisième constellation du ciel par son étendue. Elle contient la « grande casserole » (ou « grand chariot »), l’un des astérismes les plus connus de l’hémisphère nord. Faisant partie des 48 constellations identifiées par Ptolémée, elle est très facilement reconnaissable par la forme de casserole que composent ses sept plus brillantes étoiles. »

On va jusqu’à rajouter :

 » Selon la mythologie grecque, cette constellation représenterait Callisto, une nymphe aimée de Zeus. Quand Héra, l’épouse de Zeus, découvrit leur relation, elle changea Callisto en Grande Ourse et son fils Arcas en Petite Ourse. Outragée par cette offense à son honneur, Héra demanda justice à l’Océan, et les ourses furent alors condamnées à tourner perpétuellement autour du pôle Nord, jamais autorisées à se reposer sous la mer. » 

Il semble que les informations fournies par Wikipédia ne sont pas vérifiées mais l’Atlas de Farnese est là pour nous démontrer les affabulations dues soit à l’ignorance ou à une volonté de propagande de vouloir gréciser à tout prix l’Astronomie.  Mais selon Denis Savoie, Astronome et Historien de l’Astronomie, aucun document grec antique traitant d’astronomie ne nous est parvenu directement.

Vous pouvez écouter un extrait de la conférence de D. Savoie sur ce sujet donnée en 2011, sans pour autant que Wikipédia n’est jugé bon de mettre à jour ces pages concernant l’Astronomie Grecque.

On connaît Claude Ptolémée par le biais de Johannes Müller von Königsberg (6 Juin 1436 – 6 Juillet 1476) dit Regionmontanus, astronome Allemand qui le premier fera imprimer après corrections les rares rouleaux de parchemins que les Arabes ont vendu aux Occidentaux vers l’An Mille. Ces rouleaux censés contenir le Savoir de Claude Ptolémée  étaient écrits en arabe après traduction du grec que l’on traduisit ensuite en latin. Les erreurs de traductions étaient nombreuses et davantage lorsqu’il s’agissait de documents dits de sciences. Regiomontanus corrigea ce qu’il pût mais ne pût s’empêcher d’insérer dans sa traduction des éléments datant de son époque, c’est à dire, de l’époque de la Renaissance.  Il a achevé l’abrégé Almagest de Peuerbach, Epytoma in almagesti Ptolemei, en 1475.

Johannes Regiomontanus

Dans Epytoma in almagesti Ptolemei, Regionmontanus a critiqué la traduction de l’Almageste par George de Trebizond, en soulignant les inexactitudes. Nicolaus Copernicus se référera plus tard à ce livre comme une influence sur son propre travail. La version de l’Almageste que nous connaissons est donc la version corrigée de Regiomontanus.

Il est à noter que le prénom « Johann » ou « Johannes » n’est pas un prénom mais un titre germanique attribué aux auteurs qui ont rédigé des ouvrages traitant d’astronomie, ainsi nous avons des astronomes se nommant Johan Bayer, Johannes Hevelius, etc…Mais on retrouve aussi ce titre pour des compositeurs comme J.Sebastian Bach. Ce titre avait un rapport avec le céleste, le divin, comme si un cadeau du ciel que recevait un enfant doué.

Claude Ptolémée voyageur Temporel 3

Ci-dessus nous on nous le montre cette fois habillé à la mode du Moyen-Âge sans pour autant que cette image soit certifiée datant de cette époque, nous ne savons rien sur lui de précis et sa date de naissance exacte nous est inconnue malgré l’impact qu’il aura laissé dans l’Histoire, ce qui pour suspect puisque nous connaissons la date de naissance de personnages moins illustres nés avant le IIe siècle où aurait vécu C.Ptolémée.  Un détail important est à souligner, celui que le prénom Claude était sous l’Empire Romain la propriété exclusive des Claudi, cette « famille » romaine impériale n’a aucun lien avec Claude Ptolémée et inversement. Quant au nom Ptolemay ou Ptolémée ( en latin Ptolamaeus ) celui-ci désignerait soit un lieu ou une période mais pas un nom de famille car là aussi, ce astronome n’a aucun lien avec la Dynastie Ptolémaïque des Lagides.

Les prénoms suivis du nom de Famille apparurent en Occident seulement partir de la Révolution Française, avant cette époque, on désignait une personne selon le calendrier des saints pour le prénom et en ce qui concerne le nom de famille, le handicap, une particularité physique, l’activité  ou le lieu servait de nom de famille, par ex Pierre Boulanger ou Jean ( de la ) Rive si il vivait près d’une rivière.
Claude Ptolémée désignerait plutôt une époque de règne celui de l’Empereur Claude au Ier siècle et la Ville d’Alexandrie mais pas une personne. Il aurait été inconcevable sous l’Empire Romain, qu’un vulgaire plébéien s’octroie le nom d’un empereur.

Mais il existe un autre fameux Claude, il s’agit de Claude Galien qui va nous éclairer sur l’origine du prénom Claude lorsqu’il n’est pas rattaché à une famille Romaine impériale.

Claude Galien ( né en 131 et mort en 203 ) fût un médecin de renom à la cour impériale Romaine mais il s’illustra aussi dans d’autres matières comme la philosophie. Sa principale contribution fut de mettre en forme le concept selon lequel les objectifs de Dieu sont explicables par l’observation de la nature. L’existence d’un dieu unique, créateur du corps humain, incitera plus tard l’Eglise à adopter cette doctrine. Ainsi, pendant longtemps, s’opposer à Galien signifiera s’opposer à l’Eglise. Tout comme la doctrine géocentrique de Claude Ptolémée persistera jusqu’au siècle de Copernic, la doctrine de Galien sera maintenue jusqu’au XVIe siècle.

Ainsi donc c’est une erreur d’écrire Claude avec un C car on le le reliera ce prénom à à un empereur alors que selon étymologie, Claude écrit avec un K désignerait en Grec le mot Klodos ou Klados qui signifie Bâton ou branche. Soit le bâton du pèlerin, du patriarche qui porte la Parole de Dieu.

L’astronome Galilée risqua la torture et le bûcher pour s’être opposé à la Doctrine de Klodos Ptolemae.

En ce qui concerne le nom Ptolemae du grec Ptolemaios ( Πτολεμαιος ) il signifie « celui qui est belliqueux », ainsi on obtient le Bâton belliqueux, celui qui frappe comme un glaive ceux qui s’opposent à la Parole de Dieu, le Créateur de Tout, de l’espace et de l’homme selon l’Eglise.

On sait que Klaude Gallien avait un sacré caractère et il vécut à l’époque  que l’on attribue aussi à Claude Ptolémée. Gallien reprenait la théorie d’Hippocrate, le père ( occidental ) de la Médecine qui aurait dit  » « Nul se peut se prétendre médecin s’il ne connaît les principes de base de l’Astrologie ».

Astro medicale

L’Astronomie avant Copernic ne se distinguait pas de l’Astrologie et bon nombre d’Astronomes étaient aussi des astrologues, jusqu’à l’arrivée de l’Héliocentrisme. Dans les esprits d’alors, persistait la théorie que l’Homme ( ou la Terre ) serait au centre de l’Univers selon la volonté de Dieu et que tout tournerait autour de l’Homme fait à son image . Il faut comprendre par là que les observations de Galien mais aussi avant lui les observations de la Culture Grecque régissaient l’esprit même du plus érudit des hommes et en particulier ceux qui s’intéressaient aux « choses du ciel ».

Le prénom Claude (Claudius), qui n’existe pas dans les textes grecs, apparaît tardivement dans les traductions latines. En effet l’abréviation latine Cl. (Clarissima) qui signifie « brillant » ou « illustre » était probablement apposé comme un titre ce qui a pu être pris à tort pour un prénom.

Au même titre que le prénom Johann(es) des germanophones désignait le statut de l’astronome, le prénom Klaude lui désignait la doctrine de l’Eglise dont il fallait respecter le Pouvoir Omniscient autant que l’on devait craindre Dieu, sinon gare au coup de bâton ( du pèlerin ) expression qui se traduisait par Klodos Ptolemae.

Ainsi donc Claude Ptolémée n’a jamais existé réellement, c’est pourquoi, on ne peut pas lui attribuer directement les bases de notre astronomie, cet être créé par l’Eglise a été le réceptacle de sa doctrine astro-religieuse et celle-ci s’est élaborée au fil des siècles, c’est pourquoi, ici et là des anomalies apparaissent comme ses portraits et comme le fameux Atlas de Farnese qui réfute l’attribution des 48 constellations au Monde Antique Grec. Ci-dessous, une gravure publiée en 1690 avec Claude Ptolémée sans barbe aux côtés d’astronomes tels que Tycho Brahe et Giovanni Battista Riccioli.

Catalogue publié en 1690 avec Ptolémée sans barbe

Claude Ptolémée étant représenté avec ou sans barbe, en tenue d’ecclésiaste du 17e siècle ou de bourgeois de la Renaissance, il est logique que l’on puisse avoir des doutes sur sa réelle existence. Mais Claude Ptolémée ne sera pas le seul astronome à qui on a attribué un savoir astronomique, cinq siècles avant lui, il y a aussi Aratos de Soles.

Aratos de Soles :

Aratos de Soles

Avant que le Savoir ne soit transmis par un programme scolaire obligatoire dans les écoles à partir de la fin du 19e siècle en France, il n’existait pas de contrôle par des inspecteurs chargés de vérifier si ce qu’on enseigne n’est pas sujet à caution. On pouvait écrire ce que l’on souhaitait sans craindre de passer pour un fumiste. C’est le cas de l’Abbé Halma qui vécut au 19e siècle et à qui on doit la traduction des « Phenomènes » de l’astronome Aratos de Soles qui vécut ou aurait vécu vers -300. Voici un extrait de cette traduction :

« L’axe est retenu de chaque côté dans sa place par les deux Ourses de Crète, ainsi nommées chez les Romains, et autrement connues sous le nom de Chariots, auxquels ces constellations ressemblent par la disposition de leurs étoiles ; car trois sont au timon, et quatre brillantes forment les roues. Si vous aimez mieux les appeler Ourses, leurs têtes sont en sens contraires, chacune dos à dos, ayant la sienne opposée à la croupe de l’autre. Le cercle qui passe par leurs épaules inclinées les emporte dans la révolution qui les fait descendre sous l’horizon. A en croire l’antiquité, l’île de Crète vous a nourries, le maître de l’Olympe vous a placées au ciel ; ainsi vous a récompensées le grand Jupiter ».

On peut noter déjà que parler de Jupiter est surprenant puisque ce nom appartient à la culture romaine et latine, un grec vivant en -300 aurait parlé de Zeus. Mais le plus surprenant est que l’Abbé Halma parle de deux constellations qui ne sont pas visibles sur l’Atlas de Farnese qui rappelons-le est une sculpture datant du IIe siècle. Comment Aratos de Soles dans l’Antiquité peut-il parler de ces constellations à une époque où l’étoile Polaire actuelle n’était pas encore placée au centre du ciel étoilé ? En effet, Polaris de la constellation Ursa Minor obtiendra ce statut seulement à partir de 1602 selon le catalogue « Uranometria » publié par Johann Bayer et ce n’est qu’en l’an 2100 que Polaris sera parfaitement centrée sur l’axe des pôles.

Il y a là un sérieux anachronisme que personne n’a corrigé depuis le 19e siècle, la traduction des « Phénomènes » de Aratos de Soles est davantage un fantasme qu’une traduction sérieuse. Il fallait inventer l’Histoire Grecque est tous les moyens étaient bons même celui d’user d’anachronisme sans vergogne. Un fantasme ou une propagande consistant à faire croire que la Grèce Antique est le berceau de notre civilisation du moins occidentale en matière d’astronomie.

Conclusion :

Pour terminer cette enquête, selon Diodore de Sicile,  les premiers à avoir observé le ciel furent les Anciens Egyptiens, pourquoi pourquoi ne pas se fier à cette information qui s’avère être vraie puisque existe l’artefact nommé « Zodiaque de Denderah » mais aussi la tombe de l’architecte Sennemout ?

Voici un lien où vous pourrez redécouvrir les constellations égyptiennes.

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